16 octobre 2026

Amélie Oudéa-Castera : Polémique ou aveu politique ?

La déclaration de la nouvelle ministre de l’Education Nationale a suscité bien des débats au sein du monde enseignant et parmi les politiques. Les propos le plus souvent retenus à l’appui des diverses réactions sont trop succincts pour se faire une idée précise de la pensée de la ministre. Si l’on veut bien prendre connaissance d’un extrait plus large (voir le film de France Info ci-dessous), l’aveu politique est sans doute pire que ce que l’on croit.

Les propos d’Amélie Oudéa-Castera peuvent être interprétés comme la défense d’un choix familial qui, comme tous les parents ont la possibilité d’inscrire leurs enfants dans le public ou dans le privé. La question n’est pas véritablement là. Les établissements privés sous contrat (d’association pour le secondaire) ont l’obligation de respecter la laïcité dans leurs enseignements conforme aux référentiels de l’enseignement public. De ce fait, l’Etat considère qu’ils proposent un service équivalent au service public. Conséquences : le salaire des enseignants est assuré par l’Etat et un « forfait d’externat » (un montant annuel par élève) permet de financer le personnel administratif et des frais pédagogiques par élève. Le reste (catéchisme, culture religieuse, …) est à la charge des familles. Le financement public est donc limité à ce qui concerne les formations conformes à ce que l’Etat souhaite. C’est le principe du contrat.

La fin de l’intervention de la ministre est bien plus révélatrice. Je cite : « L’école, c’est celle de la République. La République travaille avec tout le monde dès lors qu’on est au rendez-vous de cette exigence et de ces valeurs ». Cela signifie donc que l’école publique ne respecte pas les valeurs que la ministre souhaite défendre. L’établissement scolaire dont elle parle et qui la satisfait pleinement pour ses enfants est un établissement catholique et, surtout, conservateur. C’est au moins sa réputation.
L’aveu politique est là, précisément. Elle envisage une société et des politiques conservatrices dans l’Education. Ce sont autant de gages donnés à la droite traditionnelle, pure et dure. Les politiques éducatives seront marquées par la poursuite des contraintes dogmatiques qui pèsent sur tous les services publics, toutes issues du choix de l’austérité ambiante.
Pire, c’est une idéologie qui est mise en avant !