L’accord obtenu après des heures de négociation lors de la COP 28 dans les Emirats Arabes Unis est présenté comme « historique ». Mais, les accords multilatéraux sont toujours « historiques » tant les négociations multilatérales sont rares. Pourtant, le texte final présenté le mercredi 13 décembre à Dubaï n’apporte pas de progrès véritablement déterminants.

Evidemment, le texte mentionne l’accord de Paris et les énergies fossiles, il ne pouvait en être autrement. Mais en quels termes exactement ? » « La CMA reconnaît la nécessité de réaliser des réductions fortes, rapides et soutenues des émissions de gaz à effet de serre compatibles avec les trajectoires de 1,5 °C et invite les Parties à contribuer aux efforts mondiaux, d’une manière déterminée au niveau national, en tenant compte de l’Accord de Paris et de leurs différentes circonstances, trajectoires et approches nationales » et plus loin « … assurer une transition pour s’éloigner (transitioning away from) des combustibles fossiles dans les systèmes énergétiques, d’une manière juste, ordonnée et équitable, en accélérant l’action dans les pays en voie de développement au cours de cette décennie critique, de manière à atteindre l’objectif de zéro émission nette d’ici 2050, conformément aux connaissances scientifiques, … « . Le moins que l’on puisse dire est qu’il ne met pas une pression considérable sur les parties prenantes. Il n’est pas non plus un engagement ferme et définitif.
Certes, il s’agit d’un compromis, la prise de conscience est réelle. Mais, l’ensemble est bien timide compte tenu de l’urgence devant le désastre climatique qui est encore devant nous. Et quand on sait que l’environnement ne se limite pas au climat, on a le droit d’être inquiet.
Il n’est pas étonnant que la grande majorité des Etats se réjouissent de cette bonne fin, à l’exception malgré tout de certaines îles qui ont tout lieu de craindre une submersion complète. Les Etats en sont les auteurs. Par contre, de nombreuses Organisations Non Gouvernementales (ONG) portent un regard critique sur cet accord.
Réjouissons-nous que le multilatéralisme fonctionne encore de temps en temps, mais l’environnement n’y trouvera pas de solutions suffisamment puissantes pour enrayer un phénomène dont l’origine se situe essentiellement dans une mécanique socio-économique et politique.
