17 octobre 2026

4 octobre 1945, création de la Sécurité Sociale, oeuvre d’Ambroise Croizat

« Ne parlez jamais d’acquis sociaux, mais de conquis sociaux, car le patronat ne désarme jamais », cette citation d’Ambroise Croizat, prononcée dès 1945, montre, s’il en était besoin, que la protection sociale créée au sortir de la Seconde guerre mondiale en application du programme du Conseil National de la Résistance, doit être défendue avec force. Elle est l’objet des atteintes des mouvements patronaux qui, sous couvert d’adaptation, en réduisent la portée. Evolution ne signifie pas démantèlement, ni affaiblissement.

Pour des raisons financières, les acquis sociaux sont réduits … au détriment des entreprises elles-mêmes qui, à terme, ne peuvent plus compter sur du personnel en pleine possession de ses moyens. La santé publique est aussi une garantie de la survie des entreprises.

L’ordonnance du 4 octobre réalise l’une des grandes promesses du Conseil National de la Résistance : construire un « plan complet de sécurité sociale », visant à « assurer à tous les citoyens les moyens d’existence, dans le cas où ils seraient incapables de se les procurer par le travail ». La Sécurité sociale est mise en place par le ministre du Travail Ambroise Croizat (membre du PCF et de la CGT) et par le haut-fonctionnaire Pierre Laroque. Elle vise à couvrir les travailleurs français en cas de maladie, chômage, maternité ou vieillesse. Contrairement aux modèles dominants ailleurs, elle est financée directement par des cotisations, patronales et salariales. Le nom d’Ambroise Croizat a par la suite été longtemps oublié. La mise en place de la Sécurité sociale lui a pourtant valu une popularité considérable auprès de la population. À sa mort, en 1951, près d’un million de personnes défilaient dans Paris pour rendre un dernier hommage au « ministre des Travailleurs ». (Source : Le vent se lève)