16 octobre 2026

Elisabeth Borne présente une réforme des retraites retrograde

Elisabeth Borrne, Première Ministre, a présenté, mardi 10 janvier, la réforme des retraites que son gouvernement a décidé de mettre en oeuvre. Cette réforme va repousser progressivement l’âge de la retraite à 64 ans et la durée de cotisation à 43 années. La décision a été prise sous le prétexte que la situation financière des régimes de retraites serait déficitaire. Qu’en est-il exactement ?

Socialement rétrograde

En septembre 2022, le Conseil d’orientation des retraites (CoR) a publié son rapport annuel «Évolutions et perspectives des retraites en France» utilisant différentes hypothèses (voir ci-dessous la conférence de Pierre-Louis Bras, président du CoR).

Comme on peut s’en apercevoir dans cet extrait, il n’y a pas de véritable problème de financement des retraites en France. Il est possible de tout assumer dans un des pays les plus riches du monde. D’autant plus que les anticipations statistiques sont de moins en moins fiables à mesure que le temps s’allonge. Seules les prévisions démographiques sont à peu près maîtrisables. On peut ainsi dire que les scénarios du CoR, basés sur des prévisions de croissance à long terme gouvernementales, sont pour le moins aléatoires. C’est pourquoi les propositions de la Première Ministre sont tout à fait malvenues. Notamment le recul de l’âge légal … qui nous fait revenir aux années 70 quand il était fixé à 65 ans. On retourne 50 ans en arrière !

Politiquement rétrograde

D’abord, le Président de la République a renié ses propres engagements (voir ci-dessous le film de L’Obs ).

Ensuite, parce qu’il avait besoin d’une majorité au Parlement (Assemblée et Sénat), il a dû faire des concessions suffisantes aux Républicains. Il se retrouve aujourd’hui avec une majorité qui penche largement vers la droite. Elu en 2017 sur la base d’un grand rassemblement allant de la droite à la gauche de l’échiquier politique français, il se retrouve aujourd’hui nettement soutenu par un ensemble qui va de la droite au centre. Le « en même temps » de sa première élection est bien loin.
Toutes celles et tous ceux qui ont vécu les années giscardiennes entre 1974 et 1981 reconnaissent une configuration familière. A l’époque, la coalition regroupait le RPR (Rassemblement Pour la République) et les centristes de l’UDF (Union pour la Démocratie Française), on les retrouve aujourd’hui sous les bannières des Républicains et la mosaïque centriste. Quand on dit rétrograde !!!