L’illectronisme est la difficulté ou l’incapacité à utiliser les outils numériques et informatiques, par manque de compétences à propos de leur fonctionnement. Dans notre société où ces moyens techniques sont devenus incontournables, où nombre de nos activités de la vie quotidienne se font via Internet, il est indispensable d’en maîtriser l’utilisation. Des inégalités, issues du numérique, apparaissent, source d’exclusion.
Une récente étude de Léa Renard pour l’association belge « Pour la solidarité » (PLS) montre clairement les dégâts engendrés par une insuffisante pratique de l’informatique. Cette étude intitulée « Illectronisme en Europe. Une fracture numérique et sociale » fait le tour de la question dans l’Union Européenne, particulièrement en France et en Belgique. Or la digitalisation de la société est un phénomène inéluctable. « Cette digitalisation de la société a mis en lumière des inégalités d’équipement et de compétences numériques de nombreux publics : savoir utiliser les ressources numériques est devenu presque aussi indispensable que savoir lire, écrire ou bien compter. Ces inégalités sont donc la preuve d’une fracture numérique multiple« , écrit Léa Renard. La Commission européenne a pris conscience du problème, elle a proposé, en 2020, un programme politique de la Décennie numérique pour 2030.
Ceci dit, et c’est nous qui ajoutons, en l’absence d’une politique publique volontariste dans ce domaine, des améliorations seront certainement constatées, mais l’enjeu parait beaucoup plus fondamental que ne le laisse entendre la Commission. Le numérique doit s’apprendre dès l’école pour les jeunes et doit former, d’abord, des utilisateurs. Dans le même ordre d’idée, les séniors doivent acquérir les compétences indispensables, sans oublier les classes d’âges sorties des études qui, certes sont les plus à même de vivre avec le numérique, mais ne sont pas toutes formées. Le problème est grave car l’illectronisme engendre des inégalités qui s’ajoutent aux autres (sociales, professionnelles, culturelles, économiques, ….) dans un effet cumulatif. Cette accumulation crée, finalement, une société « maltraitante ». (Photo : John Schnobrich – Unsplash)
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