Robert Badinter est décédé le 9 février 2024. Il était un juriste qui s’est fait connaître du grand public pour son combat contre la peine de mort. Plus généralement, il fut un ardent défenseur des droits de l’Homme et de la vie.
Robert Badinter est né en 1928 à Paris. Il effectue ses études à la faculté des Lettres et de Droit de l’Université de Paris. Il obtient une licence en lettres et une licence en droit en 1948. Il part aux Etats-Unis pour faire des études d’histoire de l’art et décroche une maîtrise en arts en 1949.
Il s’inscrit au barreau de Paris en 1951 et passe une thèse de droit en 1952. Il sera à la fois avocat d’affaires et avocat pénaliste. A ce titre, il aura à défendre Roger Bontems accusé de complicité de meurtre d’une infirmière et d’un gardien de la prison centrale de Clairvaux. Il ne réussi pas à sauver la tête du condamné.
Dès lors, il n’aura de cesse de combattre la peine de mort.
Appelé par François Mitterrand, alors Président de la République, au poste de Garde des Sceaux, ministre de la Justice, il défendra, au nom du Gouvernement, la loi sur l’abolition de la peine de mort le 17 septembre 1981. Elle sera adoptée le 18 septembre 1981, par 363 voix contre 117 par l’Assemblée nationale après deux jours de débats.
Il ne faudrait pas limiter son action à cette loi. Il est aussi celui qui a supprimé les juridictions d’exception (Cours de sureté de l’Etat, Tribunaux des Forces armées en temps de Paix, …), amélioré le droit des victimes, renforcé les libertés individuelles (dépénalisation des relations homosexuelles, …), développé les peines non privatives de liberté. Il fut ensuite Président du Conseil constitutionnel et sénateur. Robert Badinter était un humaniste et, surtout, un homme de profondes convictions ce qui l’a amené à prendre des positions sur des sujets sociétaux.
Il reçoit un hommage national le mercredi 14 février place Vendômes, devant le ministère de la Justice.
